Xénophobie (1)

« Ils sont généralement de petite taille et ils ont la peau sombre.
Ils n’aiment pas l’eau, beaucoup d’entre eux puent parce qu’ils ont tendance à porter les mêmes vêtements pendant plusieurs semaines.
Ils se construisent des cabanes en bois et en aluminium à la périphérie des villes et y vivent les uns à côté des autres.
Quand ils parviennent à s’approcher du centre ils louent au prix fort des appartements délabrés. Ils se présentent généralement à deux et cherchent une chambre avec la possibilité d’utiliser une cuisine. Au bout de quelques jours ils sont quatre, six, dix.
Entre eux ils parlent des langues qui nous sont incompréhensibles, probablement des dialectes antiques.
Beaucoup d’enfants sont utilisés pour mendier mais souvent, devant les églises, des femmes vêtues de noir et des hommes, presque toujours âgés, invoquent la pitié d’un ton geignard et effronté.
Ils font beaucoup d’enfants dont ils peinent à assurer la subsistance et entre eux ils sont très unis.
On dit qu’ils sont adonnés au vol, et que si ils en sont empêchés, ils deviennent violents.
Nos femmes les évitent, pas seulement parce qu’ils sont peu attirants et sauvages mais parce qu’on dit que des viols ont été commis à la suite d’embuscades sur les routes périphériques quand les femmes rentrent du travail.
Ceux qui nous gouvernent ont trop ouvert les frontières mais, surtout, ils n’ont pas su sélectionner entre ceux qui entrent dans notre pays pour travailler et ceux qui pensent y vivre d’expédients, ou, carrément, d’activités criminelles. »

Cet infâme petit texte est extrait d’un document officiel.

A vous qui passez, trois questions :
De qui parle-t-on ?
Dans quel pays ?
A quelle époque ?

Réponse dans le prochain billet.

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