Misère et abondance, deux fléaux mortifères

Une énorme partie de l’humanité se débat dans la misère et souffre du manque alors qu’une minorité se vautre dans l’abondance.

Les riches exploitent les pauvres et s’en protègent. Mais les miséreux sont trop nombreux, ils ont faim, ils s’agitent, ici et là on les entend gronder. Alors les nantis ont peur et ils deviennent de plus en plus hargneux, de plus en plus dangereux.

La misère affame les enfants et gonfle leurs ventres.
Elle vide les seins des mères, éteint les regards et détruit les sourires.
La misère tue.
Elle attise les jalousies, sépare, fait jaillir la violence.
La misère appelle une illusoire consolation et ce sont les religions qui l’apportent.

Mais l’abondance aussi est meurtrière.
Elle permet à une poignée d’humains de mener une vie de luxe et de gaspillage effrénés et de décider en toute impunité du sort des autres habitants de la planète.
Autour des très riches, nous, les peuples, vivons de moins en moins bien et la paupérisation gagne du terrain.
Nous ne connaissons pas la misère qui tue mais nous sommes victimes de l’abondance. Dont nous avons aussi largement profité, que nous avons contribué à créer et que nous croyons indispensable.
Afin que les nantis de la planète puissent continuer vivre comme ils l’entendent, nous sommes condamnés à être exploités, bafoués de nos droits, fragilisés, appauvris.
La machine infernale du marché, nous devons continuer à l’alimenter, nous devons obéir.
Ils se sont attaqués à nos enfants pour tenter de prévenir toute velléité de rébellion. Ils ont sapé leur éducation, les ont depuis l’enfance matraqués à  grands coups de publicité, ils ont semé en eux la maladie de la consommation. Ils les ont façonnés pour les rendre dépendants des téléphones portables, des ordinateurs, des jeux vidéos mais aussi de l’alcool.
Les icônes, dont les magazines publient à l’écœurement les photos, sont ivres, titubantes et dans Internet, immense réservoir, s’échouent des milliers de photos de filles bourrées, de garçons défoncés, grimaçant ou tirant la langue.
Pas une soirée ensemble sans picoler. A Bologne, toute la nuit ils défilent, une bouteille de vin ou de bière à la main.
Les pilules et la poudre sont aussi très consommées.

Les peuples se divisent, la haine a été, elle aussi, soigneusement alimentée, haine interethnique, haine interreligieuse. Elle s’infiltre, guidée par la peur, dans des esprits manipulés par d’incessantes avalanches d’images et par des discours biaisés.

L’abondance tue
tue physiquement qui est condamné à perdre sa vie à la gagner
tue les rêves
tue la pensée
tue la créativité
tue l’empathie.

Et transforme les individus en des agneaux dociles et obtus prêts à tout accepter en échange d’un hypothétique bonheur.

Elle  détruit la planète et provoque des injustices inouïes.

Les récentes et obscurantistes déclarations papales en Angola ont déchaîné des torrents d’indignation. Les mots ont été indéfiniment commentés mais on n’a pas parlé de l’Angola et de l’enfer vécu par plus de 70% de ses habitants.
Car si le pays dispose de richesses naturelles énormes, en pétrole et en diamants, sa population est parmi les plus pauvres du monde.
L’espérance de vie à la naissance est de 40 ans et le quotient de mortalité infanto-juvénile est de 260 pour 1000 naissances.
Depuis 30 ans, le président José Eduardo dos Santos, dirige le pays d’une main de fer, amasse les fortunes qu’il destine à ses amis et vend les richesses de son territoire à des groupes économiques et financiers internationaux.

Comme désormais partout dans le monde, les élites s’engraissent impunément et les peuples meurent.

Quand le déséquilibre mondial atteindra son paroxysme, l’humanité dans son ensemble sera condamnée.

Pourtant la solution existe et elle porte un joli nom : partage.

Nous serions moins riches mais ils n’auraient plus faim.
Libérés de la maladie de la consommation nous pourrions enfin à nouveau, rêver, créer, flâner, prendre le temps de vivre.

« Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur. »
Albert Camus

Ici et, des articles sur l’Angola.

39 réflexions sur « Misère et abondance, deux fléaux mortifères »

  1. Magnifique billet Céleste. Il résume l’exacte folie de ce monde, les besoins créés pour les pays riches et les catastrophes collatérales pour la population des pays pauvres. La décroissance peut être une solution mais les hommes sont majoritairement manipulés et influencés.
    Le plus angoissant est de constater que les poignées de décideurs continueront à se gaver.
    Tu as souvent abordé ici des discussions sur la nature humaine. Le pouvoir transforme-t-il ? Ou ceux qui y parviennent ont-ils une nature prédisposée à l’ambition pour leur seul profit ? Apparemment, le sommet donne le vertige aux plus vertueux. Les exemples de ceux qui ont résisté aux chants des sirènes dorées restent très exceptionnels voire rares, d’un autre temps.

  2. Dit autrement : Apprendre à préférer l’être à l’avoir, repenser autrement la gratification de nos apports à la société que par la possession et le pouvoir, par exemple par le savoir et la qualité du lien social, par des formes non matérielles de reconnaissance. Je ne suis même pas sûr que nous, les « classes moyennes relativement » prospères ayions beaucoup à renoncer pour permettre à tous les affamés de ton article d’avoir accès à une qualité de vie digne. C’est surtout chez les grands nantis, qui ont si mal au bide de devoir renoncer aux accessoires exorbitants de leurs rémunérations de toute façon exorbitantes, que se trouvent des clés.
    Ton article donne une bien triste idée des dérives du monde… Que le discours de nos politiques est pathétique à côté de ça !

  3. Le probleme ce n’est pas encore d’avoir trop …c’est que nous n’avons pas l’intention de donner.
    Vous pensez vraiment qu’en bloquant les « parachutes » les bonus et autres primes, il va y avoir un retour pour qui que ce soit? Nous sommes incapables de déterminer la masse de fric en circulation…et même d’en estimer la destination…l’argent sera toujours un fléau. Toujours.Tant qu’il y aura un prix ce sera toujours la misère pour quelqu’un…

  4. @Merci Agathe 🙂

    Je ne sais pas si le pouvoir transforme ou si ne sont guidés vers le pouvoir que ceux qui en ont le goût!
    Car il en faut de la persévérance pour arriver au sommet!
    Mais c’est une question intéressante.
    En ce sens l’idée d’une démocratie reposant sur le tirage au sort et non sur des élections est pertinente.

    @salut Oh91 et Dom

    oui, ces masses financières énormes qui tournent et virent au-dessus de nos têtes donnent le vertige.

  5. La transparence totale sur les dépenses publiques et le contrôle strict des frais de mission des politiques sont de bonnes méthodes. La Suède a réussi à imposer quelques règles, un peu d’espoir ;-))

  6. attention Céleste, en parlant de cette abondance il ne faut pas faire comme si nous n’étions pas concernés, partie prenante, responsables….
    nous le sommes aussi, et on ne peut pas faire deux catégories, les nantis, très riches (ils sont finalement peu au regard du reste , parait-il 5000 ici ?) et nous, qui serions tous miséreux.
    Je pense que par honnêteté, il faut reconnaître, que même si l’injustice et les méfaits de cette société et de cette politique touchent tout un chacun, il y a de très miséreux, de très précaires qui peuvent penser que nous, sans doute toi et moi par ex, sommes privilégiés – et je le pense- parce que nous vivons malgré tout bien mieux qu’eux. Nous sommes toujours le pauvre et le riche de quelqu’un. Ces très miséreux pourraient aussi nous reprocher notre gout de l’abondance, notre façon de vivre, regarder dan s nos poubelles y trouver de quoi se vêtir, se nourrir ou équiper leur logis…je suis toujours effarée quand je regarde dan sles caddies des supermarchés ce qui les remplit monstrueusement…
    on jette, on ne répare plus etc…
    un pauvre exemple : combien de téléphones portables sont-ils achetés chaque année , combien sont-ils jetés ? à quoi ça sert ?
    je sais c’est un exemple qui ne remplit pas la gamelle des affamés, mais c’est pour illustrer que les mots et les belles intentions, s’ils frappent les esprits et parlent à nos consciences, ils n’ont jamais encore modifié les comportements.
    combien de personnes sont réellement prêtes à s’engager de vivre autrement, de renoncer à consommer comme des fous, de désobéir aux injonctions à consommer tjs plus (pub, technologies etc…) la crise peut nous aider..bien sûr, et c’est triste que ce soit contraints et forcés que nous devions revenir à plus de sens.
    je pense qu’il est vain d’invectiver les grands nantis sans s’adresser aussi et avant tout à nous mêmes.
    Physchologiquement, se complaire en victime, sans jamais se remettre en question n’aide pas à sortir du problème, ne donne pas envie d’agir, de se prendre en main, de croire en nos capacités d’amorcer un changement.
    si l’indignation nous anime envers les grands et les arrogants, c’est bien et ça entretient notre colère, mais ce n’est aps suffisant , il faut faire un peu d’introspection et se dire qu’on n’est pas tout à fait irresponsable..
    c’est à mon avis le danger : ne rien changer à son mode de vie parce que l’on attend des très riches plus de partage.
    un ex qui me vient tjs à l’esprit lorsque j’entends de si beaux discours envers les sans logis : sommes nous prets à les accuillir un jour ou deux, de temps en t emps, leur offrir de quoi se laver, manger..?
    Certains le font, je les admire. La plupart d’entre nous, non,
    parce que les mots de solidarité sont plus faciles que les actes de solidarité.

  7. @anne

    je te remercie de ta mise ne garde mais je suis tout à fait d’accord avec toi, c’est pourquoi j’ai écrit:

    « Nous ne connaissons pas la misère qui tue mais nous sommes victimes de l’abondance. Dont nous avons aussi largement profité, que nous avons contribué à créer et que nous croyons indispensable. »

    apprendre à se passer de l’abondance, renoncer pour enfin vivre dans un monde équilibré était le sens de mon texte.

  8. oui, je sais céleste , que tu sais…;)) et que tu vis au plus près de tes convictions
    mais je ne vois nulle part, sur aucun support, d’invectives à nous mêmes, de réquisitoires sévères, c’est plutôt sur ce point que j’insistais, personne pour nous engueuler, pour nous faire honte ou la leçon. Tout est dirigé , (ce n’est pa s injustement d’ailleurs) sur les gros profiteurs et les nantis. Jamais sur nous mêmes, comment veux tu que nous y arrivons si personne ne nous bouscule ?

  9. @anne

    Il nous suffirait de « vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre » Ghandi

    je crois que c’est à chacun de le comprendre, d’être responsable et d’agir.

    les inégalités sont flagrantes, la planète est en danger, nous le savons tous.

    et il est vrai que les très riches turent les ficelles de l’économie…avec notre complicité!

    attendre que d’autres nous montrent le chemin est vain.

    les anciens Hopis disaient:
    « Nous sommes ceux que nous attendions »

  10. Oulah, « misère et abondance, deux fléaux mortifères », la polarité, pour être frappante, est peut être moins évidente, qu’il n’y parait! La misère n’est pas le contraire de l’abondance, (l’opulence et le luxe, peut-être..!), comme je ne suis pas si sur que l’une entraine l’autre.

    Ce sont simplement les résultantes d’un système, parmi d’autres, et leur nature est différente…mais je dois m’arrêter là pour ce soir, pour cause urgentissime de départ,…si tu permets Céleste, je reviens demain!

  11.  » je crois que c’est à chacun de le comprendre, d’être responsable et d’agir. »

    ah ben …on peut attendre longtemps….il te manque un peu de lucidité Céleste ;)) parce qu’alors pourquoi ne pas donner de ce même discours aux gros profiteurs en faisant appel à leur sens de responsabilité !!
    si qq banquiers renoncent à leur pactole en arguant de ce sens solidaire, sois bien certaine qu’ils ne renoncent en rien à leur style de vie et attendent la bave aux lèvres le prochain pactole auquel ils ne renonceront pas !
    et tu as bien l’intention de leur montrer le chemin de la solidarité et du partage, ton texte en témoigne…;))

  12. Eh bien Céleste, si je comprends bien Anne : Qu’attends-tu pour invectiver, menacer ou carrément obliger tes lecteurs à changer ?
    Trêve de plaisanterie : Je ne pense pas que ceux qui te lisent soient les plus contaminés par la société de consommation et de surcroît je parlais de décroissance (plus haut), j’ai connu cette façon de lutter contre les manipulations par une simple lecture. Pas sûr qu’une tournure autoritaire m’aurait inclinée à m’y intéresser.

  13. Oui Céleste, ce système (appelons le capitalisme, certains parlent de néo libéralisme) a besoin de plus en plus de violence pour se maintenir.

    Hier soir j’ai vu « La quatrième guerre mondiale  »
    Une guerre sans champ de batailles, sans ennemis , une guerre sans nom, en tout lieux, une guerre sans fin…..

    Ce film date de 2004, il parle de toutes les luttes sociales dans le monde et de cette guerre sans nom que l’on appelle mondialisation,neo libéralisme ou capitalisme……quand la violence de ce système envers la population prend l’allure d’une guerre mondiale ,sournoise que les États, en partenariat avec les grands groupes financiers et industriels, livrent contre les intérêts et les besoins des citoyens du monde.

    Vous pouvez le voir ici (en 2 parties)
    http://video.google.fr/videoplay?docid=3969267866159139993

    « LA force des faibles c’est le nombre »

    C’est une machine infernale qu’il est temps d’arrêter et de construire un projet de dépassement de ce système.

    Bises

  14. Céleste, c’est là un grand discours politique !
    Il y a l’essentiel dont nous avons besoin, pour avancer vers le partage.
    Maintenant il faut s’organiser… Très dur d’agir !
    Ce serait intéressant d’en parler concrètement. Pour ma part je peux témoigner combien il est enrichissant de réduire son pouvoir d’achat au profit d’un temps de travail militant !

  15. @V.A.

    ok, à +

    @Anne

    ” je crois que c’est à chacun de le comprendre, d’être responsable et d’agir.”

    absolument, je ne crois pas à l’autoritarisme, je crois à la prise de conscience individuelle qui ensuite devient collective.
    j’ai trop de respect, malgré tout, pour l’être humain et son intelligence pour penser qu’il ne peut agir que manipulé ou contraint.

    et quand bien même il le ferait ce ne serait qu’un plaquage superficiel, qu’un ersatz de solidarité.

    oui, l’humanité a actuellement besoin que les consciences s’éveillent!

    et je ne compte pas sur celles de ceux qui s’engraissent sur le dos des autres, ceux là ne lâcheront rien, ou alors des miettes.
    on ne devient pas Madoff par hasard!

    on ne devient pas Sarkozy par hasard non plus!

    mais c’est mépriser l’humanité dans son ensemble que de la penser incapable d’une prise de conscience salutaire.

    «Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.» , Martin Luther King, qui disait aussi:
    «Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons.»

    et bien ce sont ces « bons » qui doivent sortir de leur indifférence, en sortir parce qu’ils sont convaincus que la cause est juste et qu’il n’y a pas d’autre alternative.

    pour se battre et gagner il faut y croire, pas obéir à des injonctions ou se laisser manipuler!

    sinon, tant pis, une humanité de pleutres égoïstes disparaitra et les autres habitants de la planète, les animaux et les plantes pourront enfin vivre librement!

    @Agathe
    « Pas sûr qu’une tournure autoritaire m’aurait inclinée à m’y intéresser. »
    je partage tout à fait cette phrase.

    user de l’autorité ou effrayer est une façon de déresponsabiliser, d’infantiliser.

    reste à savoir dans quel type de société on a envie de vivre et de voir vivre ses enfants.

    moi je sais, je souhaite une société responsable de ses actes, pas une société de moutons apeurés, je souhaite une société libre et égalitaire, pas une société d’assistés qui attendent des autres les décisions essentielles.
    je souhaite une société composée d’êtres libres et égaux!

    @bonsoir Kelcun

    Oui c’est dur d’agir mais aussi comme tu le soulignes, enrichissant.

    je pense ce qui reste d’une vie (tout au moins ce qui me restera) au moment de fermer les yeux pour toujours, c’est la tendresse, la chaleur humaine que l’on a connue, pas le montant du compte en banque, pas les possessions, pas la gloire et ses travers.

    @oh91, l’a très bien dit:
    « Apprendre à préférer l’être à l’avoir, repenser autrement la gratification de nos apports à la société que par la possession et le pouvoir, par exemple par le savoir et la qualité du lien social, par des formes non matérielles de reconnaissance. »

    En parler concrètement? bien sûr, on pourrait faire par exemple et pour commencer une tribune ouverte à qui veut raconter comment et pourquoi elle ou il à décidé de changer ses habitudes de vie.

    et ce que ce changement lui apporté.

  16. @Myriam

    sorry tu étais restée coincée 🙁

    je n’est pas le temps de regarder maintenant la vidéo, je viens de rentrer et il est tard mais j’approuve totalement ta dernière phrase:

    « C’est une machine infernale qu’il est temps d’arrêter et de construire un projet de dépassement de ce système. »

    baci a tutte e tutti 🙂

    bonne nuit

  17. céleste , ce n’est pas que je ne pense pas que tu aies raison sur le raisonnement, mais je reste hélas persuadée que c’est là un idéal , une utopie, au même titre que les bons sentiments judéo chrétiens, aimez vous les uns les autres, au même titre que les mots qui ornent le fronton de nos mairies, au même titre que ceux qui sont insicrits sur la déclaration des droits de l’homme
    je trouve qu’il faut être bien aveugle pour persister à ne ne voir en l’homme que des bons sentiments
    je ne dis pas que je ne crois pas en lui, je dis qu’il faut l’aider (nous aider) à aller chercher au fond de lui (de nous) ce qu’il y a de meilleur, pare que nous savons mieux laisser nos travers dominer nos mode de vie, que cultiver ce dont nous sommes capables…
    je n’ai jamais parlé d »autoritarisme céleste, tu déformes mes propos là…et sélectionnes juste une partie de mes arguments…(ce que d’ailleurs agathe s’empresse de faire aussi)
    je disais seulement que les invectives faites aux gros profiteurs ne doivent pas nous exonérer de nous en adresser de semblables, ce qui tu en conviendras, est très différent que de prôner un autoritarisme !
    mais enfin, après tout, si vous persistez à vouloir croire
    au miracle de l’amour et du coup de baguette magique qui changeraient le coeur des hommes…avec ces simples mots d’espoir, sans vouloir imaginer d’autres « armes », pourquoi pas, mais on en reparlera dans quelques années…

  18. Vous voulez que je m’y mette a vous engueuler?:)
    C’est déjà fait…
    Déjà il ne faut pas confondre pauvreté et misère.
    La pauvreté ne conduit pas nécessairement à la misère non plus.
    Cesser de voir « le pauvre » comme quelqu’un en demande…comme quelqu’un d’envieux.
    L’avenir de l’humanité n’est pas dans nos frontières…nous en sommes le cancer. Notre monde est un monde mort…fini. Nous ne sommes qu’un monde de vieux radotants la même litanie depuis 2000 ans…des représentants vieux vicieux, menteurs,voleurs,et compagnie…Et nous nous aimons bien le mensonge.Nous on a inventé le fil à couper le beurre…l’eau tiède…et quelques autres merveilles comme le nucléaire. On se partage la belle parole de liberté, sur le réseau de tous les réseaux…
    Comme Christophe Colomb …ou les panzer divisions?
    L’homme nouveau…
    Hier j’ai vu ce reportage …tous ces vieux au japon faisant la queue , sur plus d’un km, pour deux boulettes de riz. Leur seule issue c’est la prison, pour ne pas mourir de faim…
    Alors…

  19. @ kelkun :))
    pas tout à fait d’accord, certains actes sont des armes, par ex manifester dans la rue est un acte qui est une arme pour exprimer sa colère et tirer à boulets rouges sur le pouvoir

    d’autant plus que j’ai mis le mot arme entre guillemets.

    mais bien sûr il faut aussi se méfier des mots qui peuvent être des armes…

    je pense que Céleste, même si je l’ai agacée dans mes com, depuis le temps qu’elle me connaît sait que je mène les mêmes combats qu’elle, avec cette différence, c’est que je suis bien moins optimiste qu’elle-même, que je doute beaucoup du nombre et de la réalité des hommes et des femmes de bonne volonté, surtout, surtout, parce que je constate que peu acceptent de se remettre totalement en question.
    le changement, changer profondément de mode de vie, est la chose la plus mal acceptée par nos contemporains, nous sommes bcp trop agrippés à nos acquis ou ce que nous considérons comme nos acquis. (je ne parle pas d’acquis sociaux mais d’acquis marchands, de confort, de gadgets, de technologie, de nouveautés, de renouvellement incessants de nos équipements etc…)
    et meme comme si dit Agathe, les lecteurs que nous sommes ne sont pas des monstres d’égoisme, et plutôt aptes à comprendre ce que Céleste nous dit, ce n’est pas pour autant que nous renoncerons au confort excessif qui régit notre vie.

  20. @ Anne
    Je ne suis pas sûr que la métaphore guerrière soit utile. Parler d’acte peut suffire, et permet éventuellement de ne pas se tromper d’ennemi.

  21. Bien bien, il y a matière à réagir 🙂

    La première chose qui me vient à l’esprit concerne la difficulté à exprimer ses pensées à travers un texte et à rencontrer la lectrice ou le lecteur sur ce même texte (@kelcun, sur son blog, écrit des choses très intéressantes et très belles sur la rencontre, justement)

    En l’occurrence, @Anne et moi ne nous sommes pas rencontrées sur ce texte; je précise tout de suite que je n’en suis pas agacée, nous communiquons par écrit depuis longtemps et je sais que nous sommes très souvent d’accord, autrement dit que souvent il y a « rencontre ».

    Une des particularité du web, des blogs, est que souvent nous lisons vite, et nous sommes tout aussi rapides pour rédiger notre com, contrairement à celle ou celui qui a écrit le billet, qui en a pesé les mots et a fait en sorte de publier un texte qui lui plaise et qui soit compréhensible, partageable, qui puisse justement permettre…des rencontres.

    Or, en tant que lecteurs, ils nous arrive à toustes d’attraper une phrase au vol, de rester coincé(e) dessus et donc de ne réagir que sur un aspect du texte. il nous arrive aussi de répéter, sans même nous en rendre compte, ce qui a déjà été écrit plus haut. emporté par notre plume ou par un pensée ou une émotion.

    Tout cela pour dire que les incompréhensions sont fréquentes…comme dans la vie quotidienne!

    Il est aussi possible que la tournure de mon texte et y la quantité importante d’éléments que je voulais y glisser l’ait rendu moins clair que ce que j’imagine.

    Donc mon propos était de dire:
    que la misère comme l’abondance sont deux fléaux mortifères

    @V.A.
    écrit:
    « Oulah, “misère et abondance, deux fléaux mortifères”, la polarité, pour être frappante, est peut être moins évidente, qu’il n’y parait! »

    Pour moi elle l’est et ce que j’ai voulu démontrer dans ce texte, maintenant on peut décortiquer les mots à l’infini, on peut bien sûr ne pas être d’accord. Une autre personne que moi l’aurait écrit autrement, tant mieux, nous sommes tous différents.
    Moi, c’est ainsi que je ressens les choses, que le je les analyse et je n’ai pas choisi ces deux mots au hasard!

    Mais ce n’est jamais que mon analyse et mon opinion 🙂

    Autrement dit une petite voix perdue dans l’océan du web mais qui a la chance d’être écoutée, parfois reprise et toujours commentée. j’en suis ravie.

    Je voulais donc dire, que la misère, la misère et non pas la pauvreté et @Dom fait bien de le souligner, la misère tue!

    C’est pourquoi je parle de l’Angola, où la misère tue (espérance de vie 41 ans).

    En haut de la pyramide des vivants, il y a une poignée de riches, parmi eux il y a les grands groupes financiers et économiques qui fricotent avec nos gouvernements ce sont eux qui signent avec le président angolais (c’est un exemple) les contrats qui enrichissent un certain nombre de personnes (déjà riches) mais qui n’améliorent en rien l’extrême misère de 70% de la population.

    Que vend l’Angola?
    du pétrole et des diamants (pour les deux des réserves considérables)

    Qui va en fin de compte utiliser ces produits?
    les diamants seront achetés par les classes les plus riches ou les classes moyennes en occident ou en Asie

    et le pétrole?
    nous, les peuples occidentaux.
    le pétrole et ses dérivés sont à tout moment présents dans nos vies. nous en utilisons une partie à bon escient, et une autre, énorme, pour des choses non indispensables (absolument pas vitales) dont nous sommes plus que friands, dépendants.

    Dépendants comme nos enfants (je généralise bien sûr sinon demain je suis encore en train d’écrire) , de toutes sortes de gadgets coûteux et qui consomment de l’énergie.

    Le libéralisme a rendu nos enfants dépendants de la consommation et, les chiffres sont alarmants, de plus en plus dépendants de l’alcool.

    Ce n’est pas un hasard, il faut que la machine de l’abondance tourne.

    Et cette abondance détruit, tue parfois: elle condamne les Angolais à la misère et transforme les occidentaux, dont certains et ils sont de plus en plus nombreux connaissent la pauvreté, en agneaux obéissants, tremblant de peur à l’idée du manque.

    Je viens de lire dans la Repubblica un article qui indique que les ados italiens coûtent entre 200 euros et 800 euros par mois à leurs parents qui, dans les familles les plus modestes, sont prêts à rogner sur la nourriture pour acheter au fiston un jean à 150 euros!

    Conclusion: il est impératif que changions nos habitudes de vie.
    les « grands de ce monde » ont une énorme part de responsabilité mais nous aussi, chacun à notre échelle nous pouvons faire quelque chose pour aller vers le partage, le plus simple étant de renoncer au gaspillage!

    Il faut effectivement réfléchir aux moyens d’action dont nous disposons et repenser le monde, repenser la distribution des richesse, repenser nos objectifs, apprendre à vivre différemment.

    C’est bien car je suis convaincue que toustes sur la planète nous pouvons vivre mieux !
    et que si nous ne faisons rien, nous, nous vivrons encore plus mal et la misère gagnera du terrain.

    D’où la citation finale d’Albert Camus !

  22. ensuite, en ce qui concerne l’être humain

    @Anne
    « je trouve qu’il faut être bien aveugle pour persister à ne ne voir en l’homme que des bons sentiments »

    je te renvoie si tu veux bien à une longue discussion qui s’est tenue récemment sur ce fil à la suite du billet saboter…etc..

    http://www.celestissima.org/saboter-les-mots-trahir-les-idees-reprimer/

    @Anne
    « et même comme si dit Agathe, les lecteurs que nous sommes ne sont pas des monstres d’égoisme, et plutôt aptes à comprendre ce que Céleste nous dit, ce n’est pas pour autant que nous renoncerons au confort excessif qui régit notre vie. »

    ce n’est pourtant ni difficile ni douloureux…au contraire, travailler moins pour avoir plus de temps à consacrer à ses enfants en jouant avec eux au lieu de leur acheter des trucs inutiles, c’est bon pour tout le monde, pour avoir le temps de se promener au soleil, de lire, d’écrire, de peindre, de cuisiner des choses que l’on aime manger, de jardiner, quelle merveille…
    au lieu de se crever la paillasse pour travailler pour le compte de quelqu’un d’autre afin de pouvoir s’acheter ensuite un de ces multiples lots de consolation que la marché nous propose sans arrêt (fringues, colifichets, gadgets)

    on ne sera pas propriétaire d’une maison? et bien tant pis, pas d’attaches!

    je t’assure qu’il y a vraiment plein de chose que l’on peut éliminer, sans même s’en rendre compte…

    et puis si tu te poses la question c’est que l’idée fait son chemin 🙂

    préférer l’être à l’avoir!

    et puis, en plus, nous n’avons pas le choix,le changement est inéluctable, le mode de fonctionnement actuel du monde est fini, autre chose va naître:

    « Nous sommes dans le monde et en nous-mêmes au croisement de deux civilisations. L’une achève de se ruiner en stérilisant l’univers sous son ombre glacée, l’autre découvre aux premières lueurs d’une vie qui renaît l’homme nouveau, sensible, vivant et créateur, frêle rameau d’une évolution où l’homme économique n’est plus désormais qu’une branche morte »

    Raoul Vaneigem: Nous qui désirons sans fin (dont je conseille vraiment la lecture)

  23. @toustes

    un très beau texte signé Edgar Morin, philosophe et sociologue, Pierre Gonod, politologue et prospectiviste et
    Paskua, artiste, à l’origine de l’ »International Art Movement for the Metamorphosis of the World » :
    http://www.bastamag.net/spip.php?article521

    « Ce qu’on peut espérer c’est non plus le meilleur des mondes, mais un monde meilleur. »

  24. Les faits : Selon le classement Forbes, les 20 plus importantes fortunes du monde se répartissent ainsi : 10 américains (Bill Gates en tête, mais à son crédit il a légué 95% de sa fortune à sa fondation qui finance à elle seule autant de projets que l’OMS ! Il est suivi de prés par Warren Buffet qui a légué 80% de sa fortune à cette même fondation… et ils ne restent pas sur la paille rassurez-vous pour eux !). Ensuite 6 européens (dont le Président d’IKEA,e fondateur de Zara et 1 seul français, Bernard Arnaud), 2 indiens, 1 mexicain et un chinois de Hong-Kong.

    Certes ces gens sont si immensément riches qu’ils semblent vivre sur une autre planète, mais la plupart ont malgré tout suscité la création de dizaines de milliers d’emplois. Alors, peut-on vraiment dire qu’il y a systématiquement un lien direct entre très grande richesse et très grande pauvreté ? Qu’en est-il de la misère provoquée par les guerres, les conflits interethniques, les dictatures plus ou moins bien inspirées… ?

  25. @ céleste…en fait tu prèches une convaincue tu sais..j’ai élévé ma fille comme une ringarde (dixit les copines) jamais pris la voiture pour l’emmener à l’école, meme sous des pluies torrentielles, l’ai fait marcher dès 2 ans des kms et des kms, lui ai jamais jeté ni remplacé sa barbie quand son cousin lui a arraché une jambe en lui expliquant qu’on ne jetait pas les handicapés, lui ai rastifolée avec du fil de fer et une atèle, et mon frigo et mes placards sont quasi tjs vides de l’inutile au grand damn de ma mère que ça stresse…je ne stocke rien, j’ai une ridicule vieille télé qui doit faire 30 cm , une vieille Métro qui date de 25 ans, et je cultive mes poireaux et mes patates, bio of course, je vais en vélo en ville (5km), et achète mon électroménager en machines d’occas retapées par des associations, etc etc….
    je suis juste contente de ne plus avoir de BB , dès fois que j’aurais eu l’idée saugrenue d’acheter des couches lavables
    tiens je t’embrasse ma belle Céleste…;))

  26. @Annie

    merci pour ces précisions

    « Alors, peut-on vraiment dire qu’il y a systématiquement un lien direct entre très grande richesse et très grande pauvreté ?  »

    c’est précisément ce que je ne dis pas:

    « Conclusion: il est impératif que changions nos habitudes de vie.
    les “grands de ce monde” ont une énorme part de responsabilité mais nous aussi, chacun à notre échelle nous pouvons faire quelque chose pour aller vers le partage, le plus simple étant de renoncer au gaspillage! » (com 23)

    « Pourtant la solution existe et elle porte un joli nom : partage.
    Nous serions moins riches mais ils n’auraient plus faim.
    Libérés de la maladie de la consommation nous pourrions enfin à nouveau, rêver, créer, flâner, prendre le temps de vivre.
    « Il faut créer le bonheur pour protester contre l’univers du malheur. »Albert Camus » (fin du billet)

    tu écris:
    « Qu’en est-il de la misère provoquée par les guerres, les conflits interethniques, les dictatures plus ou moins bien inspirées… ? »

    l’économie, plus précisément l’appropriation des matières premières est à l’origine de la plupart des guerres (si ce n’est toutes)
    on présente le chose autrement: religion, ethnies, droits de l’homme, libération des peuples etc…mais au fond, le but c’est de rafler les richesses et de soumettre les populations pour pouvoir les exploiter.

    Certes les riches créent des emplois, mais ils en suppriment aussi et beaucoup, quand ils ont peur que leurs revenus baissent.

  27. Bon, je croyais avoir le temps, mais non, alors demain où j’essairai de développer un peu plus et en essayant de ne pas jouer sur les mots.. j’ai du mal..! 🙂 .

    En attendant, une citation de Joseph Wresinski, un des fondateurs d’ATD Quart Monde, et qui a contribué à faire reconnaitre la lutte contre la misère, comme un des corollaires des Droits de l’Homme, par l’ONU:
    « Ce n’est pas tellement de nourriture, de vêtements, qu’avaient besoin tous ces gens, mais de dignité, de ne plus dépendre du bon vouloir des autres ».

  28. Chère Céleste, pour une fois, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi…
    Ecrire:

    « Ils se sont attaqués à nos enfants pour tenter de prévenir toute velléité de rébellion. Ils ont sapé leur éducation, les ont depuis l’enfance matraqués à grands coups de publicité, ils ont semé en eux la maladie de la consommation. Ils les ont façonnés pour les rendre dépendants des téléphones portables, des ordinateurs, des jeux vidéos mais aussi de l’alcool.
    Les icônes, dont les magazines publient à l’écœurement les photos, sont ivres, titubantes et dans Internet, immense réservoir, s’échouent des milliers de photos de filles bourrées, de garçons défoncés, grimaçant ou tirant la langue.
    Pas une soirée ensemble sans picoler. A Bologne, toute la nuit ils défilent, une bouteille de vin ou de bière à la main.
    Les pilules et la poudre sont aussi très consommées. »

    c’est quand même un peu exagéré!
    Je ne crois pas qu’il soit bon de présenter une image si désespérement catastrophique de la jeunesse. J’ai l’occasion de beaucoup fréquenter cette classe des 16-25 ans dont on parle tant, et de plus, dans une zone urbaine (Seine St-Denis) qui est loin d’être favorisée. Tou(te)s ne sont pas les loques ainsi présentées, loin de là! Il y a beaucoup de ces jeunes qui m’étonnent chaque semaine par leur soif d’apprendre et leur volonté de s’en sortir. La contribution qu’ils apportent aujourd’hui dans la mobilisation contre la LRU en témoigne: ce qu’ils demandent, ce n’est pas « plus d’assistance » (comme je l’ai entendu aujourd’hui de la part de spectateurs de la Ronde des Obstinés), mais c’est plus de respect pour leur volonté et plus de liberté d’apprendre. Nous faisons des « cours alternatifs », c’est-à-dire des cours sans contrôle, où viennent ceux et celles qui ont envie de venir: eh bien, ils/elles viennent presque tou(te)s, et ils/elles sont de tous horizons, à la fois ethnique et religieux. (Je remarque sur ton blog un tropisme vers la question de l’islam, avec souvent les clichés qui vont avec. Les étudiant(e)s musulman(e)s que je connais ne sont pas les moins enthousiastes dans leur désir d’apprendre).
    Les mécanismes de l’asservissement que tente de développer en effet le Capital n’ont pas le pouvoir absolu que tu insinues: il reste toujours en dessous, quelque chose qui se rebelle et refuse l’abrutissement, heureusement! (au XIXème aussi on a décrit les ouvriers comme abrutis par l’alcool, il y a eu pourtant de beaux sursauts de la classe ouvrière…)

  29. Hélas je constate toujours la même alternative: Boulot.
    Toujours le même enseignement :Boulot
    Le Travail…Le travail…Le travail.
    Pas d’autres alternative.
    Nous sommes dans la situation ou l’on paye les gens pour détruire des voitures pas si usées et même donner de l’argent pour en acheter une neuve…(De la SF des années 60.)
    Microsoft tente depuis des années de saper Linux…
    Linux et les logiciels gratuits libres et ouverts.Je parle pas de Mac hein qui se veut écolobobo…
    Les sociétés fabriquant les mines et autres armes anti perso fournissent aussi les équipes de déminage…
    La guerre est un bon job les sociétés de sécurité s’y mettent…
    La plus grosse demande en employés est le btp et la sécurité.
    Tous ces gens travaillent pour nourrir leur famille.
    Font des études pour être les meilleurs dans leurs branches… Et espère bien que leurs gosses vont s’en sortir…Comique non?
    Alors commençons par arrêter le leitmotiv « Du travail du travail.. »
    J’aime pas le travail..je trouve le salariat dégradant et humiliant.
    Voilà 🙂

  30. @V.A.

    “Ce n’est pas tellement de nourriture, de vêtements, qu’avaient besoin tous ces gens, mais de dignité, de ne plus dépendre du bon vouloir des autres”.

    tout à fait!

    @Alain
    tu as raison, ce que j’ai écrit est très sombre, j’aurais dû souligner la capacité de résistance de beaucoup de filles et de garçons.
    d’autant plus qu’étant optimiste- tout au moins je cherche toujours les éléments positifs- je pense que les jeunes générations ont la capacité de lutter pour une monde plus juste.
    mais peut-être plus en France qu’en Italie!

    ce que je décris s’applique aux ragazzi que je connais, avec qui je travaille depuis 10 ans et que j’ai vu changer.

    le berlusconisme est un fléau qui s’est appliqué à agir sur les jeunes générations.

    pour te citer un exemple, avec mes classes de terza (l’équivalente de la première) je fais toujours des débats sur de thèmes de société.
    entre autres la peine de mort dans le monde.
    Il y a dix ans, tous les élèves y étaient opposés, et étaient capables de faire la différence entre le justice et la vengeance.
    puis peu à peu les opinions ont changé.
    la semaine dernière, la prof et moi avons eu des frissons d’horreur en entendant nos élèves (la moitié de la classe) non seulement défendre la peine de mort, mais réclamer la torture!
    dans l’enthousiasme!

    du point de vue culturel, à part quelques uns, c’est le néant, leurs aspirations: aller s’éclater en Californie parce qu’il y a de belles filles ou aller faire du shopping à New York.
    et le samedi soir, les fêtes très arrosées.

    ils sont berlusconiens et en sont fiers, lors du congrès du weekend dernier, il y avait plein de jeunes.

    je suis très préoccupée car je me rends compte que mes élèves (de deux lycées) sont représentatifs des enfants des classes moyennes et supérieures.

    Ils sont naïfs et sans défense, choyés par les parents qui dépensent des fortunes pour eux, incapables d’être indépendants ils vivent chez leurs parents jysqu’à 35 ans.

    et ils n’ont pas d’espoir, l’Italie fourmille de jeunes diplômés qui ne trouvent pas travail, rien, rien rien…

    alors que dire à celleux qui étudient et qui savent qu’au bout du compte, ils livreront de pizzas ou vendront des chaussures, en étant précaires bien sûr!

    je suis très inquiète.

    dans ton com précédent tu parlais de l’école de l’Emilie Romagne, excellente!
    là aussi les temps changent, et cette école de qualité est en train d’être détruite, méthodiquement.

    « Les mécanismes de l’asservissement que tente de développer en effet le Capital n’ont pas le pouvoir absolu que tu insinues: il reste toujours en dessous, quelque chose qui se rebelle et refuse l’abrutissement, heureusement! »

    j’espère vraiment que cette rébellion naîtra!

    @dom
    Je ne suis pas fan du salariat non plus
    et une société où le travail serait réduit au minimum est possible.
    dans le futur peut-être, quand la crise aura tout balayé mais pour cela nous devons agir pour la créer

  31. Les humains sont des monstres d’égoïsme,lesquels?
    Mandéla,Gandhi,Luther King,et plus près de nous Péri,Sampaix,Abbé Pierre,Henri Alleg et quelques autres?
    Cette phrase n’est-elle pas une phrase toute faite destinée à nous convaincre que l’individualisme est triomphant,que l’argent est le centre du monde?
    Répétée en boucle n’est-elle pas destinée à nous convaincre de l’impossibilité de changer?
    Depuis que l’homme(et la femme)existent ils se sont groupés pour résister à l’adversité et comme par une miracle du capitalisme d’un coup,comme ça,il serait devenu égoïste,ne s’intéresserait plus à ses semblables?
    Allons donc,les égoïstes ne se situent,dans la plupart des cas dans le même milieu,dans le même monde,celui ou réussir sa vie consiste à faire le plus d’argent possible.
    Et la fortune des français on la connais:12553 milliards d’€,380000 par tête,euh les miens ils sont ou?
    Mais j’en ai pas besoin,donnez moi de quoi vivre décement et je m’en passerais.Donnez moi des trains,et des transports et je me passerais de voiture,je n’ai pas le culte des objets,je ne regretterais que la moto,qui,pour moi,était une transgression.
    Partager d’accord,mais partager la richesse et pour ce qui concerne le sud arrêter de piller ce qui leur appartient et que pourtant ils sont prêt à partager!.
    Nous nous ne sommes pas égoïstes,perdus,assommés,épuisés,rançonnés souvent,mais égoïstes jamais,on essaie juste de nous en convaincre!
    « il reste toujours en dessous quelque chose qui se rebelle » bien sur:quand l’écart entre ce qui leur est dit et ce qu’ils vivent devient trop insuportable la vérité se dévoile…si il a des gens suffisament lucides pour mettre le doigt la ou ça fait mal!
    Aller,Michelin,Total,et quelques autres viennent de se faire prendre dans une gigantesque fraude fiscale,ça va pas arranger leur oignons,oignons qui vont servir au pouvoir pour essayer de faire pleurer dans les chaumières sur »ces pauvres riches obligés de s’expatrier parce qu’ils sont écrasés par l’impôt ».
    Aller,on est fauché,mais on va se marrer quand même.Rire fait du bien,même les poings serrés!

  32. Mille excuses si je n’ai cité que des hommes,c’est les noms qui me sont venus à l’esprit.
    Pas de femmes,Gisèle Halimi!
    Peut être sont elles plus égoïstes que les hommes(haïe,pas sur la tête,s’il vous plait!)

  33. Bon, allez j’essaie de tenir plus que trois minutes, et je reviens sur les termes de la proposition de départ, sans intention de polémique, mais les mots ont un sens, qui nous dépasse parfois… Et c’est bien…!

    Je citais Wrezinski, dans mon com précédent, …cet homme a été prêtre, ça ne me gêne pas…! Je laisse ça de côté, dans la démarche militante…: Sur le parvis du Trocadéro, on a inauguré une stèle, en 1992, avec cette inscription: « Là où des hommes sont condamnés à vivre, dans la misère, les droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. », extrait d’un discours qu’il a prononcé, devant la Commission des droits de l’Homme à l’ONU,…

    Depuis 1992, chaque mois de décembre, est célébrée une « Journée Internationale pour l’élimination de la pauvreté », qui est devenue d’ailleurs, depuis quelques années, la « Journée Internationale du refus de la misère »,…. les mots ont un sens, parfois équivoque, mais il est bien certain que la pauvreté n’est pas la misère.

    Juste pour info, si on s’en tient aux mots, dans un strict sens économique, le seuil de pauvreté, dans sa fourchette haute…!!, se situe à 817 € mensuel, soit 60 % du revenu médian, lui même indépendant du SMIC, indice minimum de rémunération….!! Mais tous ces éléments chiffrés sont eux mêmes extrêmement relatifs, par rapport aux conditions de vie, urbain ou rural, à l’origine sociale..etc…!

    La misère, dont l’étymologie est plus ou moins certaine, est plus synonyme de dénuement, de détresse, de malheur, de grande tristesse…etc, (voire le remarquable « Splendeurs et misères des courtisanes » de Balzac…!), peut aller au plus profond du désarroi physique et moral de l’être humain, jusqu’aux 1 ou 2 € quotidiens des 2/3 de la population mondiale, (voire l’excellent dernier billet de Patrick, chez « Les Suiveurs »).

    L’abondance, le luxe, la splendeur, la prodigalité même sont les facettes brillantes d’un état de la société capitaliste et consumériste; l’avarice,…le gaspillage, l’opulence, le bling-bling,(merci B.L, j’adore cette expression!!), en sont les facettes sombres, avec tous les corollaires plus ou moins avantageux, que sont la charité, la mauvaise conscience, le téléthon, les rivières de diamant, les fontaines de Versailles, les restaus du coeur, les Enfoirés…, ah les Enfoirés, comme les dames patronesses du temps jadis…

    Bon, allez, j’arrête, mais il faudra que je revienne, sur le « revenu médian » et les classes moyennes, ça mérite réflexion…! Tout ce qui est au milieu, mérite réflexion!

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