Conditionner, diviser, diaboliser, réprimer

« On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » écrivait Rimbaud quand il en avait seize et que, déjà, Charleville lui semblait trop étroite.

L’adolescence est le passage qui mène de l’insouciance de l’enfance au sérieux de l’adulte. Peu à peu, chassé par les contraintes, l’enfant s’efface et avec lui, la légèreté.

Tu seras une femme ma fille, tu seras un homme mon fils. Tu seras partie prenante de ce monde que nous, les adultes, avons créé à notre image et qui ne te ressemble pas car la fougue et les incertitudes de notre jeunesse, nous les avons oubliées, nous les avons reniées.
Afin que tu rentres dans le moule que nous avons construit pour toi nous allons te contraindre, briser tes élans, canaliser ta sève : travailleur ou soldat, parent car il faut bien que l’humanité se reproduise, consommateur pour que le marché t’entraine dans ses engrenages infernaux, bouc émissaire si le pays va mal.

Nous te conditionnerons !

Et nous serons sans pitié, la loi du marché et la survie de la suprématie de certains l’exigent et puis tu as épuisé le capital sympathie que parfois t’apportait, il y a encore si peu, ton statut d’enfant.
Sache que désormais tu devras te conformer à nos injonctions.

Chacun à sa place, les riches avec les riches, et la racaille avec la racaille.
Pas de chance pour toi si tu es né dans le camp de ceux dont les parents sont venus en France quand le fier hexagone avait besoin d’exploiter la force de  leurs bras. Pour rejoindre les beaux quartiers et les emplois bien rémunérés tu devras être excellent, meilleur que les autres et surtout, gommer les différences.
Des gouvernements de couleurs politiques variées ont  laissé croire à tes parents que tu aurais les mêmes opportunités que tous les autres petits français de ton âge et bien, comme tu as pu le constater, ce n’était pas vrai !
Jeune fille, ne t’avise surtout pas de cacher tes cheveux sous un foulard car on t’accusera d’afficher ta religion, de revendiquer ton identité et des esprits obtus et teigneux s’en sentiront agressés. Tu ne pourras plus avoir accès à l’école et des « fashion victim » te reprocheront haut et fort d’être une femme soumise
Jeune homme, accepte sans broncher que tes perspectives de futur aient peu de chance de dépasser le parking de ton immeuble, sois obéissant, soumis et reconnaissant, respecte l’ordre du pays qui a « accueilli » tes géniteurs même si celui-ci t’ignore.

« Ainsi, sans passé autre que celui de la France, terre d’accueil, les enfants des immigrés – qu’ils soient « maghrébins », portugais, des pays de l’Afrique subsaharienne ou turcs importe peu – sont assignés à une autochtonie, un « être français », qui les met en apesanteur nationale. Car ils ne voient pas trace de cet « être français » dans leur vie sociale où flotte le risque permanent d’être discriminé socialement sur des bases ethniques et culturelles, moins encore dans leur vie familiale qu’il leur faut transformer, assimiler ou abandonner.»
Nacira Guenif Souilanas « Des beurettes aux descendantes d’immigrants nord-africains »

Pire, maintenant que la France va mal, on te diabolise, tu es devenu le nouveau barbare.

Au-delà de la religion, tu as enfin trouvé à la mosquée un lieu fraternel et paisible et tu t’es parfois laissé charmer par des discours radicaux.
Mal t’en a pris car cette foi qui te rassures et que tu arbores comme un étendard te sépare encore plus du reste de la société française. Rétrograde pour rétrograde, tu aurais été mieux inspiré en rejoignant les rangs des intégristes catholiques qui eux ont pignon sur rue et n’effraient pas les âmes sensibles.
Au nom de la laïcité et du « féminisme d’état » prôné par le gouvernement, l’Islam que tu pratiques et qui est majoritairement modéré, se retrouve accusé des pires maux : obscurantisme et sexisme.

Encore une fois, tu n’es pas dans le bon camp :

« Que ce soit sous la forme d’une racaille in civilisable laissant libre cours à ses pulsions machistes et ethniques, ou sous la forme encore plus pernicieuse d’un néo communautarisme islamique, le « garçon arabe » est construit comme un corps triplement étranger à la modernité: étranger à la modernité laïque, individualiste et rationnelle; étranger à la modernité républicaine, jacobine et à l’ethnicité française; étranger à la modernité féministe, égalitariste et à la féminité post féministe.
Le clivage a l’avantage de la simplicité et de la clarté et explique les raisons d’un tel consensus pro féministe: d’un côté la modernité, le progrès, l’égalité, la République. De l’autre, la tradition, la régression, l’inégalité, le communautarisme. En d’autres termes, l’axe du bien contre l’axe du mal.
». Nacira Guénif-Souilamas

Au lieu de mener une politique sociale équitable qui t’aurait permis de vivre paisiblement dans une société harmonieuse on a préféré t’isoler, te discriminer, monter en épingle tes rebellions, te pousser sournoisement vers la délinquance et te faire porter le chapeau de l’insécurité.

Désormais tu fais peur et l’on doit te combattre, toi et tous ceux dont l’état estime, sans bien sûr s’autoriser la moindre autocritique, que vous êtes « désocialisés ».

On va donc vous ficher encore un peu plus, sanctuariser les écoles et créer une de peine de trois ans d’emprisonnement « pour participation en connaissance de cause à un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou contre certains biens« . Le délit de mauvaise fréquentation n’est pas loin car « Appartenir à une bande doit être un délit » a déclaré le président.

Conditionner, diviser, diaboliser et réprimer les nouvelles générations tel est le cruel et irresponsable credo Sarkozien, un mec, qui rappelons-le, avait comme slogan électoral : « Ensemble, tout est possible ! »

A lire sur le site Basta: la longue marche des jeunes maghrébins

43 réflexions sur « Conditionner, diviser, diaboliser, réprimer »

  1. Mmmouiii … Je ne suis pas sûr d’avoir compris le sens de ce billet, au delà de la dénonciation de la condition faite aux immigrés et à leurs descendants. Descendants qui ne sont évidemment plus immigrés sauf à vouloir établir des quartiers de « citoyenneté de souche », comme autrefois des quartiers de noblesse.

    Mais pour la libération par la religion, sans façons vraiment ! Substituer une aliénation à une autre est une illusion dangereuse. Je me retrouve très bien dans la position de CSP sur ce billet :

    http://comite-de-salut-public.blogspot.com/2009/03/partialite.html

  2. @ti_cyrano

    « Mais pour la libération par la religion, sans façons vraiment ! Substituer une aliénation à une autre est une illusion dangereuse. »

    Perso je suis athée et je ne défends absolument pas la libération par la religion, je constate simplement que pour certains, qui ne trouvent pas leur place ans la société, elle est un refuge.

    c’est ce que dit la sociologue Evelyne Perrin (voir lien Basta)
    « Mais on ne peut pas reprocher à des personnes d’exprimer leur indignation sous forme religieuse.  »

    or, si les jeunes français issus de l’immigration n’ont pas leur place dans la société, c’est parce que celle-ci (nous) leur a claqué la porte au nez!

    il est donc parfaitement hypocrite aujourd’hui de critiquer une certaine islamisation des banlieues

    moi je trouve le discours de Nacira Guénif-Souilamas limpide.

    le texte de CSP est percutant, comme toujours et sa vision des choses très définie.

    Je suis beaucoup plus dans le doute et la recherche, ma position sur le port du voile, par exemple, a évolué.

    Grâce à des rencontres, grâce à mes voyages dans des pays musulmans et aux discussions que j’ai eues avec des femmes portant la burqua ou le simple voile, grâce à mes lectures, Christine Delphy par exemple.

    Je n’aime pas les discours qui séparent.

    j’avais d’ailleurs expliqué tout ça là:

    http://www.celestissima.org/atheo-gauchiste/

  3. @ti_cyrano

    quant au sens du billet, déjà il me semble que dénoncer les discriminations dont sont victimes les français nés de parents migrants est important et que cela devrait être fait systématiquement.

    d’autre part, développer une politique répressive, de plus en plus répressive contre les « jeunes des quartiers » (je déteste cette expression) après les avoir consciencieusement diabolisés (racaille) comme le fait Sarkozy est pervers et dangereux.

  4. « pour certains, qui ne trouvent pas leur place ans la société, elle est un refuge ».

    Accord sur le constat. Mais ce constat peut être fait également sur des membres de groupes de supporters ultras de foot et/ou nazillons, ou de goupuscules identitaires.

    Comprendre n’est pas approuver.
    Au final tous les laissés pour compte se retrouvent divisés en structures antagonistes, et se rejettent la responsabilité de la situation qu’ils subissent collectivement, certains plus que d’autres il est vrai.

    Merveilleuse stratégie. Dresser les pauvres contre les pauvres, et surtout contre les un peu moins pauvres. Cela permet d’assoir le pouvoir de la classe possédante et celui des chefs identitaires dans un intérêt commun bien compris.

    Et surtout de les détourner de la vraie lutte, celle qui est menée d’un seul coté, en la niant mais pratiquée avec quelle efficacité : la lutte des classes.

  5. « quant au sens du billet, déjà il me semble que dénoncer les discriminations dont sont victimes les français nés de parents migrants est important et que cela devrait être fait systématiquement. »

    Nous sommes bien d’accord sur ce point et je crois l’avoir souligné dans mon premier post 🙂

    Là où je m’interroge, c’est sur le lien entre la lutte contre ces discriminations et la complaisance envers le communautarisme religieux ou autre.

    Avec les inévitables glissements sémantiques pratiqués pas si innocemment que cela par certains (tu n’es absolument pas visée 🙂 ), genre : tu n’aimes pas telle religion (aucune d’ailleurs), donc tu es raciste. Ben voyons.

    « développer une politique répressive, de plus en plus répressive contre les “jeunes des quartiers” (je déteste cette expression) après les avoir consciencieusement diabolisés (racaille) comme le fait Sarkozy est pervers et dangereux. »

    Pervers et dangereux, mais certainement pas innocent. Stratégie cynique et bien étudiée.

  6. @Ty_cyrano

    « Comprendre n’est pas approuver.
    Au final tous les laissés pour compte se retrouvent divisés en structures antagonistes, et se rejettent la responsabilité de la situation qu’ils subissent collectivement, certains plus que d’autres il est vrai. »

    pour tout dire, je trouve la montée du religieux en occident, consternante.

    mais justement, je m’insurge contre ces divisions que l’on veut nous imposer en nous poussant à haïr l’autre, les autres, parce que parait-il « différents »

    « La cécité aux inégalités sociales condamne et autorise à expliquer toutes les inégalités, particulièrement en matière de réussite scolaire, comme inégalités naturelles, inégalités de dons. »
    écrivait Pierre Bourdieu (La reproduction)

    C’est donc une société égoïste, fermée qui discrimine, juge, fustige, certains de ses membres.

    Une des choses qui me frappe lorsque je lis les écrits de celleux qui s’opposent au multiculturalisme, est la faiblesse, la bêtise de leurs arguments qui, lorsque l’on gratte un peu, se révèlent très vite être des assemblages de propos racistes et colonialistes, l’expression d’une pensée primaire qui n’arrive à se détacher ni de la peur ni de l’incapacité à penser le monde autrement.
    Esprits bornés sous des apparences cultivées (enfin pas tous non plus!)

    « Merveilleuse stratégie. Dresser les pauvres contre les pauvres, et surtout contre les un peu moins pauvres. Cela permet d’assoir le pouvoir de la classe possédante et celui des chefs identitaires dans un intérêt commun bien compris.

    Et surtout de les détourner de la vraie lutte, celle qui est menée d’un seul coté, en la niant mais pratiquée avec quelle efficacité : la lutte des classes. »

    exactement!

    diviser pour mieux régner, la formule n’est pas neuve et fonctionne toujours auprès des esprits obtus.

    « Là où je m’interroge, c’est sur le lien entre la lutte contre ces discriminations et la complaisance envers le communautarisme religieux ou autre. »

    C’est effectivement là un risque, réel.
    Il faut avancer prudemment pour ne pas se laisser récupérer par des mouvances identitaires et religieuses.

    Mais je suis sûre d’une chose c’est que les manœuvres de division et de stigmatisation, diabolisation actuelles sont dangereuses pour l’ensemble de la société.

    merci pour toutes ces réflexions, ty_cyrano 🙂

  7. Je pense que tout est bcp plus simple. Il y a toute une classe de sous prolétariat devenue inutile aux industriels. Que ce soit les travailleurs immigrés et leurs enfants qui soient les plus représentatifs de cette tranche de la population n’est qu’une triste coïncidence.Sans les massacres des deux grandes guerres ce serait une population toute différente je crois. Mais qu’importe ce que je veux dire c’est que n’importe comment on trouvera dans cette population les bons prétextes pour les condamner et les exclure.
    L’important c’est que la classe juste au dessus, celle qui produit et consomme encore, ne puisse pas s’y reconnaitre et par là même devenir solidaire avec cette population. La couleur de la peau et la religion ( pratiquée ou pas ) c’est un moyen sûr…Pour l’instant.
    Ce qu’on nous dit c’est pas tant « qu’ils sont différent » mais que nous « nous sommes différent d’eux ».Tout ce qu’on nous demande c’est de l’indifférence en fait.
    Le discours de Sarko est toujours basé la dessus depuis le début…
    Je dis pas que j’ai raison mais j’ai pas tort non plus 🙂

  8. @Dom

    Je pense que tu as tout à fait raison!

    sauf peut-être sur cette phrase:
    « Tout ce qu’on nous demande c’est de l’indifférence en fait. »

    j’ai plutôt l’impression que maintenant on nous demande de les détester, tout au moins, l’attitude du gouvernement permet à ceux qui ressentent de la haine, de l’exprimer clairement, du mépris aussi.

  9. « Il y a toute une classe de sous prolétariat devenue inutile aux industriels. »

    Je crois que c’est un peu plus complexe 🙂 Cette classe, ou sous-classe si tu veux, a au moins deux utilités :

    – Organiser une concurrence entre salariés à l’intérieur de nos frontières, de façon à baisser toujours plus le coût du travail. Le coût de la solidarité minimale pour éviter les jacqueries étant principalement répercuté sur ces mêmes salariés. Concurrence à l’intérieur par le biais d’un chômage massif, et à l’extérieur par les délocalisations, voire simplement le chantage à la délocalisation.

    – Eviter la constitution d’un front social revendicatif en le segmentant, et en dressant ses composantes les unes contre les autres. Et bien sûr en jouant sur les peurs, celle du déclassement social et celle de l’autre mais pas seulement, poussant au repli et au chacun pour soi, en priant pour que la foudre tombe d’abord sur le voisin.

    Mais chacun sera frappé, même inégalement, surtout inégalement pour faire perdurer la peur du pire. Un proverbe que Dame Monolecte ressort régulièrement prévient : « Lorsque ton voisin est battu, prépare ton dos. »

  10. Et bien, oui! Nos discours gonflés à outrance de morale, sûrs du bien qu’ils portent et de l’écoute de l’autre, s’ils n’étaient encore l’écho d’une vision coloniale? L’occident a raison, tel est la réponse à laquelle de droite à gauche et à l’extrême gauche on répond dans le plus grand consensus..
    Après les « pères blancs » de la religion, les missionnaires de la laïcité?
    Entendez-moi bien: je récuse d’avance toute religion et toute emprise: mais un peu de relativisme culturel, que diable!
    Doutons, doutons, doutons.
    Et: écoutons.
    Peut-être avancerons-nous un peu…

  11. Je me permets de donner mon humble avis au milieu de commentaires relativement complexes.
    Il y a je crois, un facteur qui n’est que rarement évoqué dans l’immigation d’Afrique du Nord, et qui, à mon sens, est partiellement responsable de cette situation explosive.

    Pour ce que j’en sais, l’immigration maghrebine s’est faite dans l’optique de ne pas rester. J’entends par là, dans les années 50, 60, peut etre même 70, ces personnes ne pensaient pas rester. D’où l’inutilité de parler français vraiment, d’où la volonté de conserver intacte culture et « société », du moins fonctionnement. Contrairement aux autres immigrations qui étaient « définitives » globalement. Ce qui nous a conduit à un grand décalage d’intégration, je pense. Evidemment la différence de religion a stigmatisé. Ceci dit, nous n’avons pas rencontré ces difficultés avec les personnes de confession juive par ex. Je crois que cela n’a rien à voir avec la religion. Tout ceci est un pretexte.
    Je pense que d’un côté il y a décalage d’integration. De l’autre, la fin des 30 glorieuses et le processus habituel de recherche de bouc émissaire. Tout ceci mêlé nous donne la situation d’aujourd’hui.

    Pour vivre dans un quartier un peu difficile, je crains que les efforts doivent se faire de la part des deux camps. Car ces jeunes (rien à voir avec l’origine, mais plutot tout à voir avec une certaine tranche sociale à présent) sont tout à la fois victimes et responsables. Quand par ex, ils se réunissent le soir et font un boucan pas possible dans une rue qui est une caisse de raisonnance, au final, ce n’est pas le « bobo » qu’ils font chier. Le bobo est loin dans son ancien atelier en fond de cour arborée. Ceux qu’ils empechent de dormir, ce sont leurs propres parents !
    C’est la mère qui se lève à 4h du matin pour aller bosser en banlieue. Et qui refuse car, elle est laminée, de constater que son propre fils à 16 ans est devenu trafiquant de cocaïne. Parce qu’il a choisi la facilité. Le même qui me disait bonjour il y a trois ans et qui ne bouge pas un petit doigt quand son pote me menace de me foutre une bouffe parce que j’ai le malheur de gueuler. Gueuler parce qu’ils font du scooter dans une rue piétonne et qu’ils ont renversé deux mômes de trois ans l’année dernière.

    Je suis de nature compréhensive et empathique. Mais je crois aussi qu’il va falloir responsabiliser tout le monde. L’état ne peut pas tout. Les parents aussi. Apprendre le français, savoir lire les documents que leurs enfants apportent fait partie du truc aussi. Si on veut que ça avance, il faut que tout le monde s’y mettre et que aussi, ces jeunes apprennent à vivre avec les autres au lieu d’imposer leur mode de fonctionnement.

    Il est quasi impossible de dialoguer avec eux. Ils ne respectent rien. Y compris et surtout eux-mêmes. Mais ils font payer les autres. Et navrée, je ne serais pas non plus leur bouc émissaire.

    Si eux sont le symbole de la peur du bourgeois, il va falloir aussi qu’ils cessent de nous diaboliser aussi. L’un ne va pas sans l’autre.

    Ils sont ds une logique de destruction complexe. J’ai un ex tres precis en tête. Nous nous sommes occupés quelques mois d’un garçon qui était à la Dass, inadoptable. Bref. Ils étaient quelques uns comme ca, ados. Pour un noël, les animateurs et éducateurs s’étaient battus pour que leur salle de « jeux » soit entierement refaite. Des crédits, tout, des nouveaux baby foot, des nouveaux flippers, une totale qui avait couté beaucoup. Tout ca pour que ces jeunes se sentent bien, puissent disposer d’un lieu. C’etait tres sympa. A noël, toute l’équipe super contente a inauguré. Dans la nuit même, tout a été détruit. Tout. Il n’est rien resté. Et apres c’était les mêmes qui se plaignaient d’avoir des salles crades et rien avec lequel « jouer ».
    Qu’est ce que vous voulez que je vous dise…entre les uns qui les présentent comme des victimes (ce qui est partiellement vrai) et ceux qui disent qu’il n’y a rien à en tirer (ce qui est partiellement vrai aussi, désolée, mais c’est la réalité), il serait largement temps de se réveiller et de prendre une troisième option.

    (désolée d’avoir tartiné)

  12. @salut bellâm 🙂

    merci pour ton com est ces témoignages.

    ce que tu dis sur l’immigration maghrébine est intéressant j’ajoute que beaucoup de ceux qui sont venus appartenaient aux couches sociales les plus pauvres de leurs pays d’origine , parfois les femmes étaient illettrées, elles venaient de la campagne et ont eu d’énormes difficultés à s’adapter à la France, à apprendre la langue. par conséquent elles n’ont pas pu aider leurs enfants à réussir dans un système scolaire qui ne les a pas toujours aidés non plus.

    Évidemment, tout le monde doit faire des efforts et le dernier exemple que tu racontes est affligeant, pire, il fait mal, il prouve que la situation est très grave.

    Mais je reste convaincue que ce n’est pas par la répression que les choses s’amélioreront, bien au contraire.

    il faudrait effectivement prendre une nouvelle voie, avoir une véritable politique de quartier.

    sarkozy, par exemple a fermé les postes de police de proximité qui étaient sur le terrain et qui pouvaient agir de manière préventive.

    une véritable politique de quartier pourrait être mise en place pour cela il faut de l’argent, beaucoup d’argent pour créer des structures, renforcer les équipes d’animateurs et surtout, créer des emplois, de vrais emplois, avec de vrais contrats.

    Si rien n’est fait dans ce sens, avec des moyens et une réelle volonté de réussir, on va droit à la catastrophe.

    le désœuvrement ajouté à la pauvreté, à la violence et à la drogue engendre beaucoup de maux, terribles.

    en fait un nouveau lumpemprolétariat est en train de prendre forme.
    « Le lumpenprolétariat forme une masse strictement différenciée du prolétariat industriel recruté dans les bas fonds, voleurs et criminels de toutes sortes, vivant en marge de la société, des gens sans travail défini, sans foi ni loi ». (K. MARX – « Les luttes de classes en France –)

    et c’est dans ses rangs que sont recrutés, si l’état en a besoin, les hommes de main du pouvoir.

    C’est très grave!

    je voulais dans ce billet souligner l’irresponsabilité dont ont fait preuve des gouvernements successifs et qui conduisent à une situation explosive.

    et maintenant que le feu s’allume, le gouvernement n’a que la répression à proposer.

    attention, je ne veux pas dire qu’il faut exonérer les jeunes violents.

    la violence doit être punie, les délits doivent être sanctionnés pour toutes et tous.

    l’égalité devant la loi doit être totale.

    mais l’est-elle?

    les contrôles policiers, par exemple, sont-ils toujours opérés indépendamment du faciès?

    Quand Sarkozy exhibe son bling bling, favorise ostensiblement les riches, se déplace entouré d’une garnison ou insulte un opposant, il alimente la haine.

    On a tout faux et rattraper la situation, ou au moins faire en sorte qu’elle ne s’aggrave pas est un vrai défi, malheureusement, je doute fort que le gouvernement y parvienne.

    D’ailleurs, il est probable qu’il ne le souhaite pas, préférant se garder, justement, ce lumpemproletariat qu’il pourra, si besoin est, armer jusqu’au dents pour exécuter les basses œuvres: casser dans les manifs, provoquer, éliminer discrètement les opposants, intimider…etc…

  13. Je te suis à 100% Celeste !
    Je crois effectivement à une police de proximité, clairement. A force de se cotoyer, des liens se nouent. On suit les grands freres, et ensuite les petits freres. Beaucoup de prevention pourrait etre faite en ce sens.
    Je crois en l’education. A commencer par donner les moyens aux parents de naviguer en France : langue, administration, systeme scolaire.Mais il faut qu’ils le fassent. Désolée mais je crois que tu ne peux t’en sortir dans un pays que si tu te decides à maitriser la langue.
    Je crois aussi au chomage utile. Par exemple, peut etre si on est au chomage depuis un bon moment, accepter l’idée de s’impliquer dans une association quelques heures contre le paiement de son chomage, question de rester dans le lien social. Etre utile. Quelque chose dans ce genre.
    Je crois en la sanction aussi. Peut etre mettre en place un suivi psychologique obligatoire. Ce n’est pas le cas actuellement, il me semble. Je crois aux travaux d’interet publics. Ne pas mettre en prison des mineurs mais les impliquer dans autre chose. Mais sanctionner quand meme.

    En trois ans, j’ai vu la situation se degrader nettement. Maintenant, ce n’est plus du shit en bas de chez moi. Cest de la coke. Et les gamins que je vois sur les scooters ont…

    10 ans…

  14. @bonsoir Hermès

    je viens chez toi 🙂

    « Nos discours gonflés à outrance de morale, sûrs du bien qu’ils portent et de l’écoute de l’autre, s’ils n’étaient encore l’écho d’une vision coloniale? »

    et oui!

    « Le colonialisme impose la répétition de l’identique culturel comme un destin, fonctionnel à sa propre stabilité. »
    Frantz Fanon

  15. @Bellâm on a écrit en même temps 🙂

    l’éducation, bien sûr est à la base de tout!

    mais une vraie éducation, repensée, réorganisée…

    il y eu l’autre soir une chaine italienne une émission remarquable sur l’enseignement (le même journaliste qui a fait l’émission sur les zingari).
    on voyait une école dans un quartier multi ethnique d’une grande ville suédoise (dont j’ai oublié le nom).
    magnifique, lumineuse, avec beaucoup de personnel, des laboratoires, une bibliothèque splendide….des enfants heureux, joyeux…Des petits groupes trvaillant ensemble sur des projets…

    un lieu de paix et de savoir.
    et le journaliste expliquait que depuis que cette école existait (collège et lycée compris), la délinquance juvénile avait considérablement baissé.

    Il y a des choix de société à faire, en France comme en Italie, on ne fait pas les bons.

  16. « ce lumpemproletariat qu’il pourra, si besoin est, armer jusqu’au dents pour exécuter les basses œuvres »

    Bien vu, de tous temps les nervis ont principalement été recrutés parmi les classes défavorisées pour réprimer ces mêmes classes.
    C’est pratique, on puisse dans ce vivier en tant que de besoin, on les lâche quand ils deviennent encombrants et on peut même en sacrifier quelques uns de temps en temps à l’opinion publique.

    @Dom « bcp de cynisme »

    De la morale dans les affaires ? Du bon coté du manche, ce doit être simplement savoir susciter des opportunités.

  17. Et la détresse des jeunes dans tout ça ?
    J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens installés dans leur âge qui débattent de leur façon de voir les choses – ce qui est bien – mais j’avais cru, au départ du billet de Céleste, l’esprit de Rimbaud soufflant, qu’on allait pouvoir au moins comprendre, sinon aider les jeunes (issus ou non de l’immigration), s’adresser peut-être à eux, mais j’ai l’impression qu’on regarde les choses de trop haut, par-dessus leur tête encore une fois, et qu’on entretient le clivage. J’aurais pourtant aimé conseiller ce blog à mes enfants, ou d’autres, qui ont grand besoin de dialogue en ce moment.

  18. @ Bellâm. C’est pas parce que l’on est au chômage qu’on devient bon généreux et solidaire…Et puis le travail obligatoire c’est le travail obligatoire hein! Et cette idée que celui qui touche une allocation chômage se retrouve en dette envers la société est plus que douteuse à mon gout. Rappelons que pour toucher une allocation il faut avoir travaillé un certain temps et de ce fait avoir cotisé à l’assurance chômage.
    Alors des mots comme « être utile  » …il y a un moment dans notre vie ou l’on doit être « utile »? « Contrôle psychologique » « Travaux d’interets publics » C’est tout?
    Mais qui sont donc  » les controleurs »?
    Contrôleur de l’utilité potentielle d’un être humain.
    C’est bien d’êtres humains que l’on parle là?
    Non?

  19. @dom
    heu…j’ai parlé d’association, hein ?! Pas de travail obligatoire…et j’ai bien precisé au bout d’un long moment d’inactivité et uniquement dans le but de rester dans un lien social. j’ai pas parlé de dette envers la société. tres curieux cette déformation de mes propos…

    Quant aux travaux d’interets publics, désolée mais si un mineur a fait une connerie, il faut qu’il accepte qu’il y ait sanction. Et je prefere qu’il file un coup de main aux parcs et jardins que de le savoir en prison. Si t’as une meilleure idée, dis moi.

    Controle psychologique ? J’ai parlé d’un « suivi »!!

    J’en reviens pas comme mes propos peuvent être déformés
    quand j’ai lu ton commentaire, ca m’a donné la sensation d’etre une nazillone!

    Alors que pour vivre dans un quartier difficile, je te garantis, qu’il faut trouver le moyen de mettre des limites. Car ces jeunes souffrent de leur impunité. Et ils repoussent chaque jour un peu plus les limites.

    Je pretends pas avoir la solution. Ce n’etait que des propositions. Mais elles sont tirés de ma propre experience.

    Je te le dis comme je le pense, j’ai détesté ce que tu as fait de mon commentaire. Vraiment.

  20. @toustes

    brièvement, j’ai à faire

    @kelcun, merci de ton com:

    oui, l’idée qui m’a poussée à écrire ce billet peut se résumer en une phrase:

    « une société qui a peur de ses propres enfants est une société qui n’a pas de futur »

    ce qui est dramatique, car la vie des jeunes gens d’aujourd’hui, et particulièrement celle des jeunes des banlieues n’est pas facile, pire, leurs perspectives de futur sont très faibles et pour finir ils font peur!

    à plus tard 🙂

  21. Ma chère celeste, je pense que nos deux billets se rejoignent pour dénoncer un climat où de plus en plus, on essaie d’assigner des individus non seulement à résidence (chasse à l’immigré) mais de plus en plus à une identité fantasmée (stigmatisation du garçon arabe)
    De plus, c’est largement dans une vision culturaliste que s’inscrit le débat sur l’islam (que dit ce dernier, que dit le Coran sur… le djihad, la femme, la laïcité, la démocratie, la politique…). Cette vision est partagée à la fois par les fondamentalistes musulmans et par les « orientalistes » (au sens qu’Edward W. Saïd donnait à ce terme), au premier rang desquels on trouve Bernard Lewis, dont le livre Le langage politique de l’islam, par exemple, suppose un rapport immuable entre ce que dit le Coran, la vie politique dans les sociétés musulmanes et le comportement en général des musulmans à l’égard du politique.

  22. Je crois en effet que j’ai une fâcheuse tendance à lire ce que je veux…J’aime pousser à l’absurde. Je trouve quand même qu’il y à là un vision très citadine.
    Et puis tout ce qui touche « au jeune » ( classe sociale totalement fumeuse à mon goût) me fait vite monter dans les tours. Des vieux souvenirs de foyer d' »éducation surveillée » sans doute…Ce que je ressens c’est toujours une série de propositions pour  » l’autre ». L’autre …l’enfant de l’autre …l’autre violent…inadapté. Le rendre socialement vivable.
    Je ne cherche aucune solution pour « l’autre » …je me dis juste que nous sommes semblables.
    Alors je fais gaffe:)

  23. Oui, le « jeune » n’est pas une classe sociale. Par contre, faire monter l’hostilité entre jeunes et vieux, c’est bien une tactique de classe. Une tactique de la classe dominante pour embrouiller les frontières… de classe.

    Possible (certain?) que sur certains secteurs la situation soit assez dégradée pour que ce soit très difficile de revenir à des relations intergénérationnelles respectueuses.

    J’ai travaillé dans des quartiers de ce genre, et j’ai tenté de toutes mes forces d’éviter que les adultes, les professionnels en particulier, basculent dans l’hostilité. Mais la ligne de crête entre une indulgence criminelle et stupide et une agressivité qui fait la politique du pire est très étroite.

    S’y maintenir envers et contre tout me semble vital. Le témoignage de Bellâm est précieux sur ce point, car les trois positions (compassion, dialogue, hostilité) y sont présentes. Et ça, auprès des jeunes, c’est mortel, ils ne retiennent que l’hostilité et prennent l’indulgence pour du mépris. Respecter et se faire respecter… pas facile.

    Par ailleurs, pour moi, psychologue (retraitée) il est totalement irréaliste de parler de suivi psychologique obligatoire. Il n’y a que deux possibilités, le suivi volontaire, ou le suivi contraint par décision de justice, qui implique une technique très spécifique.

    Mais des lieux d’accueil où les jeunes peuvent venir faire le point gratuitement pourraient être utiles. Simplement leur fréquentation ne se fera que très lentement, et uniquement sur le bouche à oreille.

    Une dernière remarque: la situation des jeunes ruraux n’est pas très éloignée de celle des jeunes urbains. Simplement ils sont plus disséminés, ont plus de place pour faire les zouaves discrètement et ne peuvent pas donner à leur exclusion une connotation raciste. Sur le plan du boulot, faute de transports adaptés, leur situation est même pire.

  24. « une véritable politique de quartier pourrait être mise en place pour cela il faut de l’argent, beaucoup d’argent pour créer des structures, renforcer les équipes d’animateurs et surtout, créer des emplois, de vrais emplois, avec de vrais contrats. »
    Oh la la, si c’était aussi simple !
    Je travaille dans ce genre de ville où plus de la moitié de la population habite dans des HLM. Dans certaines cités, les choses se passent plutôt bien, elles sont habitées par des immigrés de la 1ère génération, celle du regroupement familial. Les enfants – désormais adultes – se sont majoritairement fondus dans la population… on y voit relativement peu de types se traîner en djellabah le chapelet à la main du matin au soir et beaucoup de femmes ne sont pas voilées.
    Après, il y a des cités majoritairement occupées par des « minorités visibles », arrivées là de plus fraîche date, à une période où déjà, le travail se faisait rare et où le choix n’était pas entre le marteau piqueur et un poste d’opérateur, mais entre manutentionnaire et rien et très vite entre rien et rien… parce que maintenant, même pour faire éboueur, il faut savoir lire. 2 sexes : les hommes et les femmes… 2 destins. Le travail (femme de ménage ou assistante de vie), l’école et un métier de vendeuse ou de secrétaire au bout pour les unes, la glandouille, les bandes, le trafic pour les autres. Le dernier animateur en date s’est fait tirer dessus par la police dans une voiture bourrée d’armes et d’explosifs lors d’une course poursuite…
    Créer de l’emploi ? Très bien. Mais qui crée de l’emploi si ce n’est les entreprises ? Et comment intègre-t-on dans une entreprise quelqu’un dont le seul langage est la violence, qui se lève à midi, qui sait à peine lire, qui ne sait rien faire… et qui gagnera péniblement en 1 mois ce que son pote gagne en 5 minutes en vendant de la came au lycée ?
    Il faut voir ce que c’est pour comprendre… Alors bien sûr, on rénove les quartiers, on subventionne les associations, on met des animateurs, des écoles de la deuxième chance, on essaie de persuader des entreprises de s’y installer… et ça marche pour une petite proportion de gens, mais si des nouvelles populations arrivent en jet continu, comment s’en sortir ?

  25. J’insiste de nouveau sur la question des professionnels travaillant dans des quartiers populaires et sur leur état d’esprit.

    Trier entre « bons » et « mauvais » immigrés, monter en épingle des faits divers faussement significatifs mais spectaculaires, faire un portrait robot du chômeur-type-qui-ne-veut-rien-faire, répandre des faussetés sur les « nouvelles populations » qui arriveraient à « jet continu »… ne peut qu’alimenter la violence.

  26. @jardin
    oui c’est exactement ca, j’oscille entre la compassion, le dialogue et l’hostilité. Et je tente de resister à la derniere car je sais que ca ne resoudra rien. Le truc, c’est que autant les freres ainés étaient , ok, branleurs, mais cools. Pas agressifs. Et les cadets par contre sont beaucoup plus agressifs. Le dialogue est quasi impossible avec eux. Ils se foutent de la gueule des flics, des voisins, de leurs parents, ils ont tres peu de limites, y compris entre eux. Ils ont défoncés la gueule de leur ancien « chef ». Un truc hallucinant.

    C’est compliqué. Pour autant, je ne crois pas à la solution de la repression. Je crois comme le dit celeste à l’education. Mais on part de loin, c’est evident.

  27. a signaler d’ailleurs, comme tu le dis si bien jardin que dans le 19 eme arrondissement, il n’a jamais été question de crimes racistes, contrairement à ce qu’ont dit les medias, mais plutot de rixes entres bandes rivales concernant le traffic de cocaïne et autres….

    D’ailleurs, ca, ca a beaucoup enervé « les jeunes du quartier » pour en avoir discuté avec eux. Ils etaient dégoutés…

  28. Ya rien qui m’énerve plus qu’entendre aux infos « régulières » – que je n’écoute plus – « Un homme, agressé par un JEUNE bla bla »…
    C’est MONSTRUEUX l’usage des mots, ce qu’on en fait comme outil de plaquage et de conditionnement. On aurait dit un vieux ? Non, mais un jeune, oui. Avec tout ce GROS poids de sens qui tombe sur nous avec. Dire un homme aurait suffit…
    Tout est circulaire, et ce terme génère une reconnaissance qui génère l’acte qui génère le terme.
    Comme aussi, sur les kiosques en énorme affiche après une parution genre : « Les jeunes, ce qu’il y a dans leur tête » suivit par des images et du texte. C’est fou, c’est une mise en abîme terrible où les vérités s’auto prédisent.
    Enfin pas totalement, quand même, mais il y a une obscénité de notre époque flagrante.
    non ?

  29. … et la solution, toujours la même, c’est former l’esprit critique, pousser à analyser ce qu’on nous donne à gober. C’est bien l’éducation au sens noble. Qu’en pensez-vous ?

  30. Le début de ton billet me fait penser à ce lieu commun de la psychologie de comptoir : « Le besoin de reconnaissance social de tout un chacun » qui sert en fait à merveille les bonimenteurs, les moralistes assoiffés de prosélytisme et les rois du marketing. Formater, conditionner pour faciliter la conduite du troupeau bêlant vers les bergeries pour la tonte.

    Insoutenable légèreté de l’être, intolérable aux yeux des grands manipulateurs et des gourous qui y voient un obstacle à leur emprise.

  31. @Zolive j’en pense la même chose que toi!

    je suis en train de préparer un autre billet sur la façon dont nos enfants sont manipulés, c’est odieux.

    @Annie

    Tes coms sont précieux, ils apportent la délicate quintessence du discours Sarkozien.

    Que tu exprimes ton opinion oui, que tu contredises , ok!
    mais je me demande vraiment pourquoi tu as écrit cette phrase?
    « on y voit relativement peu de types se traîner en djellabah le chapelet à la main du matin au soir et beaucoup de femmes ne sont pas voilées. »

    par provocation?

    Pourquoi est-ce qu’il ne te suffit pas de développer tranquillement tes arguments, sans afficher ce mépris?

    à quoi ça sert?

    Tu constates les problèmes d’un œil froid, tu penses que rien ne marchera « comment s’en sortir? » mais ça ne semble pas t’émouvoir.

    c’est triste.

  32. @celeste : j’attends donc avec impatience…
    @annie : c’est bête, en soit ton post commence bien, il finit un peu « mal », je veux dire qu’on sent un discours froid et plaqué auquel tu ne sembles pas croire, tu le reproduits. Mais le pire, oui le pire, c’et cette phrase « on y voit relativement peu de types se traîner en djellabah le chapelet à la main du matin au soir et beaucoup de femmes ne sont pas voilées. ».
    CA VEUT DIRE QUOI CA ?
    Un bon étranger c’est donc celui qu’on ne voit plus, qui a effacé ses différences culturelles, qui ne porte plus de djellabah, qui n’a plus sa religion et son chapelet, et – encore et toujours ce pseudo discours sur le voile – une femme non voilée ?
    C’est triste des pensées pareilles. Pars voyager et va à la rencontre des personnes dans leur propre pays, sois étrangère ailleurs à ton tour, baisse tes conceptions qui ne sont pas les tiennes. Apprends de l’islam ce qu’il est dans les pays où il est doux. Découvre comme il peut être lié à l’art et le raffinement, loin des lieux communs qu’on nous sert ici en france. Tu connais le souffisme ? Comme je dis en #31, on nous balance des clichés à longueur de journée, stp aies l’esprit critique !

  33. Eh ben, quand est-ce qu’on lui fait son procès à Annie ? 🙂

    Au delà d’une maladresse certaine, il me semble qu’elle a surtout voulu y voir un indicateur corrélé à l’ancienneté de l’arrivée, distinguant les générations et sans forcément porter de jugement de valeur.

    En dehors de la nécessaire neutralité à l’école et pour les agents du service public (c’est mon point de vue et je le partage), les gens s’habillent bien comme ils veulent et selon les critères de leur choix ou leur fantaisie du moment. Foulard ou piercing ou les 2 à la fois, djellaba ou costume 3 pièces, c’est leurs oignons, et à eux seuls.

  34. « En dehors de la nécessaire neutralité à l’école et pour les agents du service public »
    Pourquoi donc ? Qui décide ? Sous quelles raisons ?

  35. M’en doutais bien 🙂

    Comme je l’ai dit, c’est mon avis et je le partage. Ce sujet a été débattu en long et en large dans plein d’endroits et ce n’est pas (je crois) celui du présent billet.

    Pas envie de refaire le match. Pas envie de convaincre. Pas pour autant que je mettrai mes convictions (très fermes et très tranchées sur ce point) dans ma poche. Presque tous les arguments ont déjà été donné pour les deux parties, et de ces éléments accessibles à tous les internautes, beaucoup ont tiré des conclusions différentes. C’est notre droit de citoyen.

    Nous ne sommes donc probablement pas (du tout) d’accord sur ce point et je n’en discuterai pas ici (peut-être chez CSP s’il fait un billet sur ce sujet comme il l’a dit 😉 ).

    Ceci étant, ce n’est pas grave que chacun n’ait pas le même avis en partant des mêmes éléments, je trouve même ça plutôt sain 🙂

    La culture du doute je suis d’accord, mais à un moment il faut y aller. A chacun de déterminer son moment et sa direction.

  36. oui oui, je m’en doutais bien aussi…
    Mais ce n’est effectivement pas le lieu.

    Pour ce qui est de sans jugement de valeur, ce n’est pas cela à mes yeux, mais une négation de culture. T’en penses quoi annie ?

  37. « Conditionner, diviser, diaboliser et réprimer… »
    Soit !
    Mais notre activiste de président, ô mon frère, qu’est-il d’autre que le gardien du capital désormais honni, le chien qui défend contre toute logique l’os avarié de la finance ?

  38. @Salut Mimi, contente de te lire

    baci

    @toustes
    merci pour cette belle discussion 🙂
    le com de pas perdus m’a inspiré un nouveau billet (où je réponds aussi à ty_cyrano et à Zolive sur un point précis)

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